Le nom de BAIN est d’origine celtique. La lettre « S » a été ajoutée à l’époque moderne afin d’éviter la confusion avec la commune de BAIN de BRETAGNE.

La découverte de pierres polies en divers endroits, notamment à la roche du Theil montre bien que cette commune était occupée de trés bonne heure. L’histoire fait mention d’une bataille qui eut lieu à Ballon, en 845, entre l’ armée de CHARLES LE CHAUVE, Roi de France et NOMINOË, souverain de Bretagne. Elle se termine à l’avantage de ce dernier, désireux de préserver ses droits et de secouer le joug des francs.Cette victoire assura l’indépendance de la Bretagne, dans les limites reconnues ensuite par l’histoire. NOMINOË s’en proclama roi et se fit sacrer dans la cathédrale de DOL.

Les maisons voisines de ce combat ont des noms significatifs, comme « clos de l’Epic », « la Bataille », « La Poignardais », « La Cantinais », « La Hutte ». A l’origine BAIN était un prieuré de l’abbaye de Saint Convoïon. En l’an 854, les Normands remontèrent la vilaine jusqu’aux abords de REDON et l’abbaye doit sa sauvegarde à un orage providentiel devant lequel les hommes du Nord , effrayés, s’enfuirent le prenant pour une punition des dieux. Quelques années plus tard, les Normands récidivèrent leur exploit et pillèrent le monastère. Les religieux durent s’éxiler à SAINT MAXENT prés de PLELAN, où le roi Salomon, neveu de Nominoë, leur avait procuré un nouvel établissement. C’est là que mourut SAINT CONWOION à l’âge de 80 ans .Finalement, les normands furent battus et chassés du Pays de Redon vers 869, à Botmélas sur le territoire d’AVESSAC. Le plateau sur lequel la bataille se déroula s’appelle encore « La Déroute » prés de la route de GUEMENE-PENFAO.

L’abandon de la langue Bretonne par les nobles et ducs entraîne la prédication en langue romande (le français de l’époque) par le clergé. Vers le 13éme siécle, le breton de forme vannetaise qui était la langue du pays, ne fut plus parlé officiellement et en se mélangeant de plus en plus au vieux français devint le patois actuel, où de nombreux mots bretons plus ou moins déformés se retrouvent encore.

 

16éme siécle et 18éme siécle

A la veille de la révolution, BAINS comptait 4000 habitants , REDON n’en ayant que 3788. Le 14 Septembre 1790, M. POISON, recteur de BAINS, exerçait en même temps les fonctions de maire depuis la fondation de la recente commune.

Jean du BIGNON, Maire de REDON, devint Député à la convention et ensuite au conseil des Cinq-cents. IL vota pour la mort de LOUIS XV lors du procès du roi. Il avait fait construire à Binon un pavillon à étage récemment démoli; c’était sa maison de campagne.

Lors du partage de Bretagne en départements, le canton de REDON fut attribué à l’Ille et Vilaine, alors que jusque là, il avait fait partie de l’évêché de VANNES. Les Municipalités protestèrent, mais on ne tint pas compte de leurs doléances.

Presque toutes les hauteurs de la commune étaient couronnées de moulins à vent: Via, les Couédies, Beunette. Sur les ruisseaux tournaient des roues à aubes dans une retenue d’eau: Via , La Bataille, St Laurent…


19éme siécle

Le Canal de NANTES à BREST, commencé sur l’ordre de NAPOLEON 1er et poursuivi sous Louis-Philippe, fut achevé en 1855 en ce qui concerne la partie longeant l’Oust en bordure de la commune.

lutinLégendes et Sorcelleries A la fin du Moyen Age et même plus tard, les populations vivaient sous la terreur des sorciers ou des lutins. L’on raconte que les habitants de Bains, excédés par ces lutins , se réunirent sur la lande du Tirion à l’est du Bourg et jurèrent de se débarrasser de ces nains encombrants. Ceux-ci eurent vent de cette assemblée et le Dimanche suivant, pour se venger, empoisonnèrent le pain béni qui devait être distribué aux fidèles pendant la grand’messe. Un seigneur du manoir de la Rouarday, surnommé Joues Rouges à cause de sa force herculéenne et du sang vigoureux qui colorait ses pommettes, eut l’idée d’en prendre un morceau avant l’office et de le donner à l’un de ses chiens. Celui-ci creva aussitôt et Joues Rouges qui devait être également un peu sorcier sauva ainsi la vie de la paroisse. Une autre légende qui s’est prolongée jusqu’à des temps assez récents était celle de la « Bête Jeannette ». Celle-ci qui prenait toutes les formes, retenait parfois toute la nuit par une jambe au moment de franchir l’échalier de son courtil, le bonhomme qui s’était attardé à boire des bolées. Un fermier de la Quillanais à qui la belle Jeannette avait joué un tour, jura de se venger et ayant fait bénir une balle par le curé, il en chargea le fusil. Un matin, l’occasion pour lui d’assouvir sa vengeance se présenta. Au petit jour, une bête étrange rodait dans le jardin. Le fermier tira et l’atteignit en plein coeur. L’animal s’enfuit en poussant des cris épouvantables et courut jusqu’à la croix batte à une demi-lieue de là. Le chasseur qui suivait de loin ne retrouva qu’une mare de sang mais de bête point, elle avait disparu… mais ne revint plus.

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